Nous sommes à deux doigts d’une guerre (nucléaire) mondiale

Le 13 juin 2025, Israël, accompagné par les États-Unis et des États occidentaux, a lancé une agression armée sans précédent et non provoquée contre l’Iran. Bien que l’Iran s’attendît depuis des décennies à une telle attaque et s’y était préparé, car il figurait sur la liste des pays du Moyen-Orient que les États-Unis et leurs alliés occidentaux voulaient abattre afin d’assurer leur contrôle sur les ressources naturelles abondantes de la région, il a été pris au dépourvu cette fois-ci. Cela, en plein négociation sur le nucléaire iranien, ce qui montre encore une fois que les États-Unis ne sont pas un partenaire digne de confiance avec lequel l’on peut négocier. Selon le discours officiel américain et israélien, répété depuis des décennies, Iran serait à quelques semaines de construire une bombe nucléaire, alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui surveille le programme nucléaire iranien, ainsi que la directrice actuelle du service de renseignements des États-Unis déclarent que l’Iran ne possède pas et ne cherche pas à construire une bombe nucléaire. Cette agression a clairement pour but de briser l’épine dorsale de l’Iran, comme c’était le cas de l’Irak, de la Libye ou récemment de la Syrie, car l’Iran défie la domination de l’empire occidental sur la région du Moyen-Orient.

Il est difficile d’évaluer les dégâts causés à ce jour à l’Iran par les bombardements barbares d’Israël, avec à présent la participation active directe des États-Unis et indirecte d’autres pays occidentaux tels que l’Allemagne ou l’Angleterre. Je peux cependant facilement imaginer que les destructions doivent dépasser l’entendement d’une personne saine d’esprit. Je n’ai aucune raison de croire que les frappes aériennes sur l’Iran sont différentes de celles qui ont tué probablement plus de deux cent mille civiles à Gaza ou celles subies par les Libanais, les Syriens ou les Yéménites. Elles constituent clairement des crimes odieux contre l’humanité tout entière.

Israël est un État dirigé par une classe politique fasciste soutenue par les États-Unis et d’autres pays occidentaux qui sont eux aussi clairement sur la voie du fascisme. Le fascisme n’est rien d’autre qu’une politique systématique et institutionnalisée d’un groupe d’individus organisés en État moderne, qui se considèrent comme supérieurs aux autres peuples ou groupes de population et sont déterminés à asservir ces derniers ou, si cela n’est pas possible, à les détruire par la force brute. C’était le cas dans le passé dans l’Allemagne nazie ou dans l’Italie de Mussolini, et c’est exactement le cas aujourd’hui en Israël. Avec le génocide à Gaza, les bombardements au Liban, en Syrie, au Yémen et maintenant l’agression flagrante et non provoquée contre l’Iran, au mépris du droit international et de la Charte des Nations Unies, le monde entre progressivement dans une ère nouvelle, celle du fascisme en Occident. Car c’est l’Occident pris collectivement qui est derrière Israël qui seul n’a absolument pas les moyens de perpétuer toutes ces agressions en série contre ses voisins au Moyen-Orient. Le chancelier de l’Allemagne a ouvertement déclaré qu’Israël faisait le « sale boulot » (Drecksarbeit) à la place de l’Occident.

Jamais le fossé entre les masses populaires occidentales et leur élites politico-économiques d’une part et entre l’Occident et le reste du monde d’autre part, n’a été aussi grand qu’aujourd’hui. L’agression contre l’Iran, pays qui symbolise la civilisation perse millénaire, est si flagrante et choquante que le monde entier retient son souffle. L’élite occidentale continue de considérer le reste du monde comme ses colonies, dont la population et les ressources naturelles doivent être mises à son service. Ce, avec un mépris total pour ces populations, pour leurs cultures ou même pour la nature. Cette situation dure déjà depuis plus de 400 ans. Le monde est malade de tout cela, mais contrairement au passé, il a maintenant les moyens économiques, politiques et militaires de mettre fin à cette situation.

Contrairement aux États-Unis qui ont conduit plus de 400 guerres, dont une moitié depuis la 2ème Guerre mondiale, l’Iran n’a jamais agressé un pays. C’est un pays de 90 millions d’habitants, avec une très large population jeune, instruite et très dynamique, et orientée vers l’Occident. L’Iran possède une base industrielle large, avec des ressources naturelles abondante et un savoir-faire industriel et scientifique de premier ordre. C’est un pays qui a tout pour devenir une superpuissance économique mondiale. L’agression occidentale va d’ailleurs aider ce géant hésitant et peu sûr de lui à prendre conscience de son potentiel hors pair, à l’instar de la Russie avec la guerre en Ukraine, et à devenir une puissance économique et militaire redoutable que personne n’osera plus attaquer. En réalité, l’élite occidentale ne fait que répéter l’histoire, d’abord en Ukraine, maintenant en Iran, et creuse sa propre tombe.

Lors des dernières élections présidentielles, Trump a largement capitalisé sur son opposition affichée aux guerres permanentes menées par les États-Unis dans les quatre coins du monde, qui détruisent lentement mais sûrement les États-Unis eux-mêmes. J’en ai déduit que Trump et ses partisans avaient compris la nécessité de sauver les Etats-Unis, car ce pays est l’otage d’une élite globaliste fascisante, qui pour assouvir sa soif de profit ne recule devant rien, même devant une guerre nucléaire. L’élection de Trump m’a donc donné l’espoir qu’il pourrait peut-être amorcer un changement de cap stratégique aux États-Unis. Trump a de toute évidence trahi son électorat et manipulé tous ceux qui lui ont fait confiance. Difficile de savoir pourquoi. A-t-il capitulé devant Israël et les sionistes soutenus par l’élite occidentale ? A-t-il cyniquement décidé de laisser Israël attaquer l’Iran, afin que les deux pays s’anéantissent mutuellement, ce qui lui permettrait de prendre le contrôle du Congrès américain, qui est de facto contrôlé par Israël et le lobby sioniste, du moins en ce qui concerne la politique étrangère des États-Unis ? Craint-il pour sa vie ou celle de sa famille en raison des menaces éventuelles qu’il aurait reçues ou souffre-t-il d’une rupture mentale ? Quoi qu’il en soit, l’entrée directe des États-Unis dans cette guerre contre l’Iran signifie que Trump a capitulé devant Israël et le lobby sioniste. Il est ainsi devenu une marionnette des forces qu’il prétendait vouloir combattre, et c’est la fin de sa carrière politique.

A présent, la situation est extrêmement alarmante. L’objectif de la guerre contre l’Iran est de détruire ce pays et sa population de telle manière que l’Iran ne puisse plus se relever de ses ruines pendant longtemps. L’Iran étant le dernier pays de la région refusant la servitude, tous les pays du Moyen-Orient seront ainsi asservis de manière définitive par Israël et les États-Unis. Cela permettra à l’élite occidentale et à ses multinationales d’assurer sa mainmise sans partage sur les ressources pétrolières et gazières abondantes du Moyen-Orient. Cet objectif méconnaît toutefois un point essentiel : L’Occident et son capitalisme prédateur incarné par son élite fascisante sont à présent du mauvais côté de l’histoire.

Dans l’histoire de l’humanité, il est parfois moins important de connaître les intentions réelles de l’adversaire que l’interprétation objective qui en est faite. Les pays membres de BRICS considèrent l’agression contre l’Iran comme une agression contre les BRICS dans son ensemble. Les pays de la région, même ceux dont les gouvernements sont connus pour être des marionnettes des États-Unis, s’inquiètent pour leur sécurité, voire pour leur existence même. La Russie interprète l’action israélienne comme une guerre contre elle. Le président Poutine a ouvertement déclaré que les forces qui attaquent l’Iran sont les mêmes que celles qui attaquent la Russie en Ukraine et sur le sol russe. Cela signifie que la Russie se considère de fait comme étant partie à la guerre défensive de l’Iran contre Israël et l’Occident. La Chine se voit comme le pays suivant sur la liste des pays à abattre. Il serait donc naïf de sa part de ne pas apporter son soutien à l’Iran, y compris un soutien militaire. Le Pakistan, qui est dans le collimateur d’Israël, craint pour son existence en tant que seul pays islamique doté de l’arme nucléaire. Il pourrait donc être un allié naturel de l’Iran dans ce conflit et fournir à ce dernier un soutien substantiel. Le reste du monde est abasourdi par l’agression flagrante et les mensonges des gouvernements et des médias de masse occidentaux qui présentent Israël, l’agresseur, comme la victime, et l’Iran, la victime, comme l’agresseur. Le monde constate que l’élite occidentale suprématiste et fascisante n’abandonnera jamais sa mainmise sur le monde de manière pacifique. Il tire ainsi ses conclusions. Tout cela a pour conséquence que le monde ne peut pas se permettre que l’Iran perde cette guerre quel qu’en soit le coût. Cette guerre changera donc le monde à jamais. Car, soit le fascisme l’emporte et le monde est asservi pour des décennies à venir, avec son cortège de guerres et de destructions, soit le fascisme est stoppé net et le monde aura alors un avenir.

Nous vivons actuellement un moment d’accélération de l’histoire, où des changements qui prennent normalement des décennies se produisent en quelques mois, voire en quelques semaines. La bonne nouvelle, c’est que la grande majorité des êtres humains ou des populations, quels que soient leur pays, leur culture ou leur époque, finissent par se mettre du côté des opprimés et des victimes. Rien ne peut détruire la compassion profondément ancrée dans la nature humaine et qui resurgit comme un torrent chaque fois que le sacré est violé. L’atteinte à la vie d’un innocent est la chose la plus terrible qui soit. C’est ainsi qu’en fin de compte la vérité et la justice l’emportent sur le mensonge et le crime.