La politique sanitaire actuelle est-elle la bonne ?

C’est une question que chacun se pose d’une manière ou d’une autre. En effet, nous sommes dans une situation épidémiologique depuis février 2020, presque deux ans bientôt. La pandémie est partie de la Chine, fait qui a été largement commenté, ne serait-ce que pour stigmatiser le pouvoir autoritaire chinois. Ce qui n’est, par contre, pas débattu, c’est le fait que la réponse sanitaire à la pandémie a été aussi chinoise, qui a été reprise sans vraie réflexion par le monde entier, y compris par les pays démocratiques occidentaux. Or, on a oublié le fait que l’impressionnante quarantaine de 11 millions d’habitants de Wuhan et d’une seconde ville chinoise en janvier 2020 était une formidable démonstration de force d’un pouvoir autoritaire, qui a suscité l’admiration des dictateurs du monde entier. Quelle aubaine n’était-ce pour ces derniers, qui, sous prétexte des mesures sanitaires, ont sauté sur l’occasion pour marginaliser les contestations politiques, les revendications sociales ou encore les pressions populaires pour des politiques climatiques effectives.

Examinons de plus près en quoi consiste cette politique sanitaire. Il s’agit d’empêcher la transmission du virus par des quarantaines collectives ou individuelles, de distanciations sociales, de port du masque d’hygiène, de restrictions de mouvements, notamment aux frontières, de passeports sanitaires pour voyager ou travailler dans certaines professions ou encore bénéficier de certains services, dont des services de base comme pour manger dans une cafétéria, suivre des cours en présentiel à l’université ou encore voyager dans un train longue distance en France. Est-ce que les gouvernements, notamment ceux des petits pays européens où la démocratie est profondément ancrée dans leurs histoire et culture politique, se rendent compte que ces mesures sont une bombe politique à retardement ? Ce, d’une part du fait qu’elles divisent profondément les sociétés et, d’autre part, parce qu’elles installent ou renforcent une culture policière généralisée avec des conséquences socio-politiques à long terme.

Les autorités sanitaires nous diraient que ces mesures sanitaires étaient commandées dans l’urgence par des circonstances extraordinaires inédites. Personnellement, j’ai l’impression qu’elles ont été adoptées par les autorités sanitaires du monde entier suivant leur réflexe de troupeau à la suite de l’expérience de Wuhan. S’il était difficile de les leur reprocher au début de la pandémie, car personne n’avait encore suffisamment de connaissances ni d’expérience du virus, il s’est passé actuellement presque deux ans, qui étaient tristement riches en expérience. Or, j’entends toujours les mêmes arguments pour justifier toujours les mêmes mesures sanitaires et les restrictions des libertés individuelles qui en découlent, à savoir le risque d’une surcharge des établissements hospitaliers. Mais, pourquoi n’a-t-on pas augmenté les capacités hospitalières pendant tout ce temps ? La réponse me semble évidente : D’abord, parce que les autorités ont fait preuve d’un manque de vision à moyen et à long terme et, deuxièmement, parce qu’elles ont tout ou presque tout misé sur le vaccin qui est administré aux populations des pays riches depuis le début de l’année. Dans les deux cas, l’on ne peut que reprocher aux autorités sanitaires leur manque de compétence.

S’agissant du vaccin, j’y ai attaché beaucoup d’espoir comme tout le monde. Je suis personnellement vacciné contre un bon nombre de maladies, et cela est valables pour mes enfants et mes proches. Cependant, en ce qui concerne le vaccin contre le Covid-19, j’ai perdu mes illusions depuis un certain temps. Je suis arrivé à la conclusion, par ailleurs en écoutant une partie des scientifiques, qu’il est illusoire de penser que le vaccin éliminera la pandémie. Le Coronavirus est partout et mute constamment, à l’instar du virus de la grippe classique. A-t-on vaincu cette dernière ? Si le vaccin est valable pour un variant, il ne l’est pas ou pas assez contre les variants suivants issus des mutations ultérieures. Il n’est pas suffisamment efficace non plus contre la transmission du virus. Dans ces conditions, miser tout sur le vaccin est naïf, et obliger les populations directement ou indirectement à se faire vacciner est un non-sens. D’autant plus que cela conduit les autorités à violer les libertés fondamentales, dont les sociétés démocratiques sont si fières, et crée des conditions pour une polarisation politiquement dangereuse des sociétés.

Par ailleurs, si on ne sait pas comment distinguer une époque toxique d’une époque saine, le critère est simple. Dans une époque saine, par exemple, lorsqu’un vaccin est mis au point, tout le monde se félicite et regarde avec confiance vers le futur. Dans une époque toxique, la solution tant espérée se transforme néanmoins en un problème : Pour exercer ses libertés élémentaires, on doit maintenant présenter un passeport sanitaire, une mesure discriminatrice et de contrainte qui n’aurait pas existé sans le vaccin !

Il est temps que les autorités sanitaires ouvrent les yeux, car le vaccin ne vaincra pas la pandémie. Même si tout le monde se faisait vacciner, il est naïf de croire (ici, il est bien question de croyance et non de connaissances scientifiques) que la pandémie sera vaincue en huit semaines, comme certains le pensent. Seul Dieu sait combien de temps va encore durer cette dernière. Le temps est compté, et on ne peut non plus administrer n doses de vaccins aux gens. Les autres mesures d’endiguement du virus, pour empêcher sa propagation, sont aussi un échec. Par conséquent, il faut changer d’approche à la pandémie : Mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour augmenter les capacités hospitalières aux fins d’assurer les soins adéquats à toute personne souffrant des effets graves de la maladie. Cela coûtera beaucoup moins que ce qui ont coûté les mesures sanitaires jusqu’à présent. Parallèlement, il faut enlever, avec précaution, les restrictions actuelles. Car, il faut arrêter de compromettre la santé mentale des gens, surtout celle des enfants et des jeunes, la situation actuelle s’apparentant pour beaucoup à un long cauchemar.

Il ne faut pas perdre de vue le fait que nous avons une énorme chance dans notre malchance. Le virus n’est pas dangereux pour les enfants, les jeunes et, en principe, pour les personnes en bonne santé. Il ne crée donc pas de menace pour la survie de la société. En revanche, les mesures sanitaires actuelles, si elles continuent sur des années, peuvent conduire à un effondrement généralisé des sociétés modernes occidentales, qui ne sont plus suffisamment résilientes en raison de leur précarité psychologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité en temps de paix. Pour moi personnellement, la santé de mes enfants prime sur l’éventuel risque que j’encours avec le Coronavirus. Et mon attitude me semble conforme à l’ordre normal des choses dans la nature, qui a été malheureusement renversé avec les mesures sanitaires actuelles. Alors, ne sacrifions pas les enfants et les jeunes pour rien et affrontons la pandémie avec courage et bon sens au lieu de la fuir avec la peur au ventre.

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