Epictète est un philosophe stoïcien, né quelque part entre 50 et 55 après J.-C., à Hiérapolis, ville grecque de l’Asie mineure. Probablement fils d’esclaves, il fut vendu à Rome et affranchi après la mort de Néron en 68.
Epictète vécut dans l’extrême pauvreté durant toute sa vie, bien qu’il fût célèbre de son vivant. L’ascétisme était pour lui une condition pour rester libre, un choix incompréhensible pour nous autres, aujourd’hui. Il fut également très pieux, mais aussi extrêmement tolérant envers ceux qui vivaient aux antipodes de ses principes moraux et philosophiques. Il fut une belle incarnation d’un grand esprit, d’une volonté forte, de l’humilité et de beaucoup d’autres vertus. Un exemple sans doute à suivre !
Le lecteur peut s’en douter pour quelle raison j’ai choisi, en ce moment, de diffuser des citations d’Epictète. J’ai cherché personnellement des conseils dans les écrits de ce grand sage dans des moments difficiles. Je suis convaincu que l’on peut traverser stoïquement les maladies, les guerres et plein d’autres malheurs. Le présent moment est une période difficile pour le monde entier, et nous avons besoin de la philosophie, notamment des idées de l’école stoïcienne pour nous guider avec assurance.
En règle générale, je considère que les mots et les phrases n’ont guère de sens sans le contexte particulier dans lequel ils ont été exprimés. Je peux cependant faire une entorse à cette règle pour les dires d’Epictète, dans la mesure où il s’agit des paroles qui expriment une sagesse, s’adressant dans un langage simple et compréhensible à chaque personne, indépendamment de son lieu de naissance ou de son époque.
Ci-dessous quelques citations tirées du Manuel d’Epictète et de ses Entretiens (Discourses, en anglais), rapportés par son disciple Arrien :
« Ce qui tourmente les hommes, ce n’est pas la réalité, mais les opinions qu’ils s’en font. »
« Ce qui tourmente les hommes, ce n’est pas la réalité mais les jugements qu’ils portent sur elle. »
« […] Si quelqu’un t’a mis en colère, sache que c’est ton propre jugement qui est le responsable de ta colère. »
« Chasse tes désirs, tes craintes, et il n’y aura plus de tyran pour toi. »
« Le bonheur et le désir ne peuvent se trouver ensemble. »
« Le bonheur ne consiste pas à acquérir et à jouir, mais à ne rien désirer. Car il consiste à être libre. »
« Tout homme a pour maître celui qui peut lui apporter ou lui soustraire ce qu’il désire ou ce qu’il craint. Que ceux qui veulent être libres s’abstiennent donc de vouloir ce qui ne dépend pas d’eux seuls : sinon, inévitablement, ils seront esclaves. »
« C’est un homme sage celui qui ne regrette pas ce qu’il n’a pas mais se réjouit de ce qu’il possède. »
« Il n’y a qu’une route vers le bonheur, c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté. »
« Il ne dépend pas de toi d’être riche, mais il dépend de toi d’être heureux. »
« Où est le bien ? Dans la volonté. Où est le mal ? Dans la volonté. Et ce qui n’est ni bien ni mal ? Dans ce qui ne dépend pas de la volonté. »
« Ta perte et ton salut sont en toi. »
« Blâmer les autres pour ses malheurs, est signe de mauvaise éducation… Se blâmer soi-même, montre que son éducation a commencé… Ne blâmer ni soi, ni les autres, montre que son éducation est achevée… »
« Les dieux ont créé tous les hommes afin qu’ils soient heureux ; ils ne sont malheureux que par leur faute. »
« Ni les victoires des jeux olympiques, ni celles que l’on remporte dans les batailles, ne rendent l’homme heureux. Les seules qui le rendent heureux, ce sont celles qu’il remporte sur lui-même. Les tentations et les épreuves sont des combats. Tu as été vaincu une fois, deux fois, plusieurs fois ; combats encore. Si tu es enfin vainqueur, tu seras heureux toute ta vie, comme celui qui a toujours vaincu. »
« L’essence de la philosophie est qu’un homme devrait vivre de manière à ce que son bonheur dépende aussi peu que possible de causes extérieures. »
« Qu’est-ce qui est à toi ? L’usage des idées. »
« La liberté, c’est l’indépendance de la pensée. »
« Être libre c’est vouloir que les choses arrivent, non comme il te plaît, mais comme elles arrivent. »
« Toute chose à deux anses : l’une par où on peut la porter, l’autre par où on ne le peut pas. Si ton frère a des torts, ne le prends pas du côté par où il a des torts, ce serait l’anse par où on ne peut rien porter. Prends-le plutôt par l’autre, te rappelant qu’il est ton frère, qu’il a été nourri avec toi et tu prendras la chose par où on peut la porter. »
« Savoir écouter est un art. »
« Applique-toi donc à ce que tu peux. »
« Si tu n’as pas appris ce que tu sais pour le mettre en œuvre, pourquoi l’as-tu appris ? »
« Si tu prends un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y fais pauvre figure, mais encore tu laisses de côté un rôle que tu aurais pu remplir. »
« C’est une malédiction pour les épis de ne pas être moissonnés, et ce serait une malédiction pour les hommes de ne pas mourir. »
« Mieux vaut mourir de faim délivré du chagrin et de la peur, que vivre dans l’abondance au milieu des angoisses. »
« Nous craignons tous la mort du corps ; mais la mort de l’âme, qui est-ce qui la craint? »
« Que la mort, l’exil et tout ce qui semble redoutable soient présents à tes yeux tous les jours ; la mort surtout, et jamais tu n’auras de pensées lâches, ni de désirs immodérés. »
« Il ne faut avoir peur ni de la pauvreté, ni de l’exil, ni de la prison, ni de la mort. Mais il faut avoir peur de la peur. »
« Dis-toi d’abord qui tu veux être, puis fais en conséquence ce que tu dois faire. »
« L’expérience commune nous sert à comprendre ce que veut la nature. »